Texte Libre



EXIL ET CHÂTIMENT
Coulisse d’une extradition
PAOLO PERSICHETTI
Préfaces de Gilles Perrault
et Erri De Luca
Parution : 4 mars 2005
Collection: La discorde
Prix: 19€, Broché,
191 pages,145 x 185

Recommander

:: Agenda

Lors de la dernière réunion au CICP du mardi 10 octobre, ont été établies les dates des prochaines initiatives en soutien de
Marina Petrella
- RASSEMBLEMENT : lundi 15 octobre à 18h30 Place de la BASTILLE
- REUNION : mardi 16 octobre à 18h30 au CICP (21ter rue Voltaire - métro rue des Boulets)


Nous vous invitons à participer nombreux, en particulier au rassemblement à la Bastille. Ce rassemblement, à l'initiative du Collectif féministe de solidarité avec Marina Petrella, a été autorisé par la Préfecture de Paris.
NB : Nous vous rappelons que la prochaine audience à la Chambre de l'Instruction de la Cour d'Appel de Versailles aura lieu le 19 octobre à 9h. (Adresse : 5 rue Carnot - gare de Versailles Rive Droite).
> paroledonnee

Dimanche 21 octobre 2007 7 21 /10 /Oct /2007 12:25
il-manif.jpg
La gouvernabilité, science délirante
Une rencontre avec Oreste Scalzone
par Ilaria Urbani, Naples
Il Manifesto


Rentré en Italie depuis 8 mois, il est déjà le protagoniste de deux documentaires sur l'époque de la militance et sur celle de la "non-militance critique". Nous l'avons rencontré à "Adunata Sediziosa".
 

Cette fois-ci la voix caverneuse d'Oreste Scalzone n'arrive pas à Adunata Sediziosa, la fête des antagonistes campaniens, d'un vidéowall de Paris, comme il s'était passé il y a deux ans lorsque l'Alliance Nationale italienne avait essayé d'empêcher la liaison en direct.
      L'ancien membre de Potere Operaio, qui est rentré en Italie en février suite à prescription après 26 ans d'exile (mais disons bien de fuite, s'ils y tiennent), n'est pas reparti tout de suite de Naples, le dos bloqué ("bien sûr, le coup de banc des fascistes en '68 à la fac' de de droit ne m'aide pas, mais puis j'y ai apporté ma contribution…"). Dans le scénario hyperréaliste d'une terrasse donnant sur les toits du quartier Materdéi,  Laura Perini a tourné una partie de la rencontre pour son film Le vol de l'imaginaire (produit par Marinella Frasca) sur la vie de l'ancien membre de Potere Operaio et sur "les lieux de l'antagonisme social dans l'Italie de la deuxième république", conténant aussi des conversations avec Zizek, Sloterdijk, Sassen, Kurtze, Trenkle, Bauman et Vandana Shiva.
    Oreste Scalzone a été accusé en 1979 de tentative d'insurrection armée et autres chefs d'imputation; il a été libéré pour graves raisons de santé, puis s'est enfuit en Corse et enfin réfugié à Copenhague et à Paris. Il est aussi le protagoniste d'un film d'Aïtor Pacheco sur ses premier jours de vagabondage après sa rentrée en Italie. Il est tout à fait naturel de lui poser immédiatement une question sur la manifestation de 20 octobre. "Bon, j'ai dit aux camarades du Réseau des communautés en mouvement, qui participent à la manif pour la radicaliser dans le sens e comme signal d'opposition au gouvernement: Si Giordano a dit à Prodi 'Nous serons ton service d'ordre', le message c'est donc: 'C'est un gouvernement de merde, mais c'est notre gouvernement'. Or, les mouvements sociaux radicaux peuvent-ils avoir un Gouvernement ami?  Plutôt que de procéder d'une désillusion à l'autre avec un corollaire de ressentiment, il faudrait tenir compte de l'obsolescence de la forme-gouvernement et la nature délirante de la "gouvernementalité réelle" dans le monde. Il faudrait donc passer de l'utopie du bon gouvernement à la ligne directrice de l'autonomie commune. De toute façon, sommes-nous vraiment sûrs que notre et leur agénda doivent toujours aller au même pas?? Certes –continue-t-il-, je finirai probablement par y aller, le 20 octobre. Mais cela dépend de la structuration névrotique de ma personalité. Cependant, mon dream serait qu'on organise, en même temps que la manifestation et en en contrechant, une occupation de logements dans une trentaine ou une dizaine de villes (ne serait-ce pas une forme de revenu vital?) dont les sujets électifs ne pourraient être que des précaires et des immigrés, avec ou sans papier. Sinon, ça va se passer comme en '97 avec la bataille pour l'amnistie partiale: si on permet que la question soit gérée par la politique partitaire, on n'aboutit à rien." Un argument encore fort actuel, c'est les posthumes pénaux de la guérilla urbaine des années '70. Voilà que reviennent les thèmes de la solution politique et du refus de l'amnistie, des extraditions et de la justice infinie après que Marina Petrella, condamnée à la pérpetuité dans le cadre de l'affaire Moro et elle aussi réfugiée en France il y a 15 ans, a été interpellée à Paris en août passé. Elle risque de ne jamais sortir du cachot, de même que Cristoforo Piancone, arrêté à Sienne il y a deux sémaines suite à un hold-up. "La bataille pour Marina est difficile, et on va tout faire pour trouver des éléments qui puissent se revéler favorables. Certes, songer à une nouvelle doctrine sur l'asile, sur le modèle de la politique de Mitterrand (qui n'avait aucune raison pour nous aimer: il était tout simplement un politicien réaliste) paraît tout à fait impossible. On parle à présent d'une femme que les pouvoirs publiques français ont autorisé à songer à un avenir en lui donnant un permis de séjour de la durée de 10 ans: ce renversement politique rétroactif signifie frapper une jeune fille de dix ans, qui ne vivrait pas une telle tragédie sans cet espoir. Qu'au moins on nous épargne les ricanements de Prodi, qui parle de "secrets qui, de cette manière, pourront être mis à jour…" Secrets, que dalle! Les juges de ces procès, ce sont les premiers qui le nient, et qui disent que 'les repentis ont renversé les groupes de lutte armée comme un gant.' Au cas où, c'est bien Prodi qui nous devrait expliquer quelque chose; c'est lui qui a dit avoir entendu le fameux nom Gradoli pendant une séance de spiritisme.

    Puis, c'est vraiment symptomatique que la façon dont a géré l'affaire de Gérard Piancone. Ces chacals haut placés s'adonnent à leurs délires, comme s'ils croyaient que les mesures d'atténuation de la peine et les amnisties totales ou partielles ne soient que des gentils cadeaux et des manifestations de sympathie à l'égard de ses bénéficiaires, et non des formes "techniques" de régulation. Violante, Amato et Mastella croient-ils vraiment que Togliatti était un crétin et qu'il voulait faire, avec l'amnistie liée à son nom, un cadeau aux tortionnaires fascistes ou aux partisans qui avaient dépassé les bornes? Et De Gaulle voulait-il  rendre un service à l'OAS qui avait essayé de le tuer? La soi-disant classe dirigeante, comme elle aime se définir fait semblant de ne pas savoir que la pensée politique doit faire abstraction, et bien cruellement. Elle ne peut pas être séparée de la pensée statistique ou de toutes les singularités composant la "complexité sociale" dont elle est reducteur. Ça ne pourra qu'être toujours ainsi, tant que la communauté humaine autonome sera vue au maximum comme une utopie (et c'est pour ça, déjà dans Marx, que la critique de la politique est associée à celle de l'économie, ou du droit). Sinon, il n'existerait pas d' histoire, mais seulement une séquelle infinie d'horreurs particuliers. Ici chez nous, s'il advient qu'un buraliste soit tué par un braqueur et l'on découvre que ce braqueur est, mettons, roumain, on procède à un pogrom légal contre les roumains. Il faudrait donc demander à D'Alema (Grillo, Di Pietro): est-ce donc ça, le "pays normal" ou "moral" qu'ils désirent? Que les victimes aient droit à une "justice infinie", ça, c'est devenu tout à fait naturel…

"Car c'est la seule indemnisation reconnue dans cette époque –ajoute Scalzone- où on assiste tranquillement et de tous côtés à l'hybridation entre l'ultra-modernisme, le techno-libertinisme et des sursauts ancestraux de chasse aux sorcières et de colonne infâme. Mais cela –le refus de toute coéxistence entre la mémoire et  l'oubli – va amener le monde à l' Homo homini lupus, ou même pire, et préfigure un scénario où se déchaînent les guerres saintes d'annihilation entre six milliards  de Léviathans." Pour les questions sur Persichetti, Beppe Grillo, sur le pacifisme etc. on renvoie à http://orestescalzone.over-blog.com et à un numéro d'Alias à paraître.

 
Par blackblog
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
Retour à l'accueil

Commentaires

Trajectoires, notes de critique du Temps

(daté du 10 Novembre et mis en ligne le 14.11.08)

 

La puce à l’oreille…

Par Oreste Scalzone

Quelques réflexions sur certains points du mouvement en cours, et en particulier sur la question de la Vague anomale et la fascisation, et sur le moyen d’y faire face…

 

« Nous appelons mouvement »…

 

« Savants »en nulle chose (pluriel… d’embarras), nous nous occupons plus entre autres choses de mouvements. De ces confluences, ou pour mieux dire de coalescence, qui se déterminent quand en viennent à se reconnaître des gens –quantité de personnes singulières, chacune pourvue d’une naissance et d’une mortalité à venir, parcours, territoires existentiels, douleurs, préoccupations, besoins, passions, tête –  en un dénominateur commun, en un pas de deux  commun qui n’en oblitère pas pour autant la singularité, comme en pâtit le « camérisme-groupuscularisme » par son effet de « bande-troupeau », mais le dote au contraire d’un espace de respiration.

Mouvements multitudinaires, multitudes humaines, de classe et parfois de langues, de genres ; mouvements de qui est en phase avec sa puissance de vie propre, la force des formes d’existence, de besoins, de ce qui se dénomme (et mettons de côté toute controverse sur ce point) passions et désirs, et éprouve en même temps le corset, le « lit de Procuste » de l’organisation sociale, des normes, des logiques matérielles- à commencer par l’économie- possibilité contre laquelle s’épanouir et se déployer. Mouvements de lutte, de ces « qui », parmi autant de ceux « qui » éprouvent leur propre temps de vie, leur existence utilisée, administrée, décidée, commandée, et froissée par d’autres ; et surtout par d’anonymes forces co-incidentes* (*au sens que ce mot prend en Physique[ =>eco/écho-genti/actives ; soient des forces dont des signaux, des synapses, orienteraient les sens et les directions de façon synergique sur un ou des points…Note du traducteur]), par d’implacables logiques et raisons, qui s’ajoutent, comme dispositif de production d’échec de tous types, à un mal de vivre constitutif, aux doutes, harcèlements et suspicions de non-sens connexes à la cognition de la mortalité, et qui enveniment toute écorchure de vie, déjà qu’est chassée comme rendue impossible la méchante idée d’être accepté, provisoire comme la lumière de la flamme d’une chandelle- seule, unique, ‘première et ultime’.

Mouvement, c’est quand s’agrègent de larges ensembles de sujets de cette espèce « anomale » -savants en devenir- définie pour cette occasion, en ce qu’elle s’affranchit de la régulation de l’instinct de sa conservation et se meut hors de l’être, dans le temps, dans le souci de connaître, dans la perception de l’altérité ; c’est lorsque des groupes qui reconnaissent les besoins, les passions et les rêves, communs, se mettent en mouvement* contre l’inertie de l’état des choses existantes et des dynamiques qui jaillissent d’une continuité de ses principes actifs (*le débordement ?N.d.T.) Les mouvements, dont nous avons surtout cultivé le dénominateur social, proprement-dit. Si cela n’est pas exhaustif de tous les cas de figures de mouvements possibles,  le fait de penser s’en aller chercher tout ce qui reste en dehors de ça revient à chercher sans la lampe de l’altérité. Et en effet, les moments de grande crise sont aussi moments de vérité qui ramènent à ce point de vue : non pas parce qu’il y aurait une hiérarchie qui rendrait plus « réelle » ou « importante » un tel rapport et une telle contradiction, respective, que je sache,  à cette dernière « de genre », ou à d’autres ensemble définis par des critères particuliers ; ou bien encore respectifs à une contradiction qui incombe à tous et chacun catastrophe du monde, disons-nous, « psychophysique »- au plan des diverses écologies. C’est plutôt que le contraste, l’hostilité, le contrepoint de logiques par rapport aux fonctions et caractères sociaux permet une approche immédiatement active**(**on met tout de suite en place, sur place ce qu’il est manifestement le propos de le faire ; on ne loue pas une salle pour en discuter… N.d.T.), sans besoin de les différer, ni de transferts dans le temps et dans l’espace.

En sa plus simple expression, le prolétariat subversif, c’est ça…

 

La pensée bifide:« Ils disent qu’on fait de la mise-en-scène… »

 

Sans arrêt, ils disent que l’on fait de « la mise-en-scène » au nom du fait que ce monde serait le seul monde pensable, et qu’en poursuivant dans sa propre dynamique, il tendra à être « le meilleur des mondes possibles » ; c’est « au contraire », avec un contrepoint systématique, que ce monde court à la catastrophe. Et on n’entend plus là des « voix du sous-sol », de bonimenteurs du ressentiment, hyper-critiques, millénaristes, apocalypticiens… ; ce sont plutôt – précisément- des voix de « là-haut », des « hautes sphères » à commencer par la pléthore d’organismes onusiens, qui prophètisent des écocatastrophes à « en veux-tu, en voilà » (et catastrophes démographico-sociales) imminentes. À l’extrême, peu importe que cela soit ou en quelle mesure tout cela soit matériellement concret, ou en quelle mesure cela pourrait l’être – pour les plus diverses synergies de mouvements, raisons et déraisons, suggestions, extrapolations qui ne tiennent pas compte des dispositifs autocorrectifs, de feed-back : dans l’un, comme dans l’autre cas (et dans toutes les possibles communications et nuances) réside aussi « simplement » ce message –avec tous les autres qui lui sont, donc, conséquents – provoquant dans les têtes l’abîme de l’angoisse du « No future ». Mais encore : l’effet d’ « oxymore prescriptif , normatif, corrélatif » des messages d’injonction bifide, auto-contradictoires à jet continu, dont on parlait plus haut ; le devenir –le fait que le Discours devienne un double bind***(littéralement : tenir ensemble X 2 : parasitage de la pensée par une suggestion, suivie d’une autre, contradictoire, propice à désorganiser les intentions, démobiliser les résolutions, et intoxiquer un hypothétique « quartier général » ; cf. aussi intoxication, manipulation de masses… N.d.T.) assommant,  injonction systématiquement contradictoire ; l’inflation exponentielle continue d’informations, et contre(-informations), et méta(-informations) ; la multiplication d’incertitudes de vrai, de faux, de simulé ; la permutabilité de toute assertion dans le soupçon commun d’inauthenticité ; la « Tour de Babel de retour » des égotismes égolâtres, des particularismes chacun se voulant absolu, de cousins égaux et contraires de la Déesse Totalité […] tout cela ne peut que déchaîner un pan catastrophique plus rapide et – en l’espèce -- décisif :  celui (dans l’emballement de la Doxa et du Spectacle qui prennent l’avantage sur l’approche graduelle plus pénétrante d’un réel) du sens – une crise de la sémiosphère et de la logosphère : crise catastrophique du « mental ». Psycho-, et donc étho-, anthropo-catastrophe…

 

1° partie sur 3.

 

Traduit de l’Italien par Sedira Boudjemaa, artiste-peintre.

Nîmes, le Jeudi 27.11.08. 12h30

 

[…]. Il s’agit à notre humble avis – soumis à controverse, à contradiction ou à contestation -, de commencer (sans tomber dans le panneau des « 2 temps », ou d’une distinction de « niveaux », par exemple entre action et réflexion, entre action et réflexivité critique, tendant à l’auto-révision) à regarder dans quelle mesure le logos des mouvements se situerait parfaitement dans cette dérive et cet abîme : variablement homologique, et – dans ses composantes, subjectivement, intentionnellement plus radicalisées ( ce qui nous tient particulièrement à cœur parce qu’existentiellement, sentimentalement, dans le quotidien de toute notre vie, ce sont les nôtres ) – condamné à nourrir par la suite cette même homologie par l’effet de co-action à la mimesis***(le Même, le mimétique qu’il y a dans le « Tous ensemble » ou le « Tous unis », comme mouvement qui occupe tout le monde à « se fondre dans l’unité » et « ânonner le même discours » sous peine d’apparaître comme un « diviseur »… cf. aussi : Panurge et ses moutons, sauf que c’est au crépuscule qu’il se noie avec le troupeau, dans son mouvement d’aller sauver une seule bête… N.d.T.) que comporte la rétorsion – en tombant ainsi dans ce que René Girard définit, entre « égaux et contraires », spéculaires, et pour cette raison même condamnés au cercle vicieux : « plus il y a d’identités identiques, et plus c’est jusqu’à « la dernière goutte de sang », avec un besoin réciproque de s’annihiler, comme deux nationalistes l’un face à l’autre, hurlant à l’unisson dans leurs langues respectives le même cri patriotique…

 

Mouvement de la critique subversive radicale, ou catastrophe

 

Étant donné la suraccumulation de crises catastrophiques en cours et annoncées, il se pourrait bien que soit déjà advenue une mutation irréparable de l’humain afin qu’il ne se développe pas de révolte, afin que tout continuât dans un substantiel acquiescement parsemé de quelques points épars de résistance et encore moins de contre offensive ni d’offensive. Il se pourrait bien que soit déjà passé le seuil d’une domestication robotisante, capable d’avoir inoculé le virus décisif d’assentiment, qui ensuite se fait connivence,  et ainsi de suite. Néanmoins par hypothèse, nous ne le croyons pas.   Nous ne le croyons pas, malgré l’effet d’hypnose qui –à niveau d’un grand nombre – peut pousser, et nous le voyons pousser, à danser sur le pont du Titanic, entre désespoir résigné, forme angoissée de « Carpe Diem », et bien plus diffuse) incrédulité que la tragédie s’accomplisse vraiment, qu’elle nous atteigne, nous, nous-autres, ou nous-autres aussi ; et encore, cette maudite idée qu’au fond, « ils auraient…trouvé », ils auraient… résolu » ( mais qui ? « Eux », les gestionnaires de…, et en tout cas «  une rationalité systémique »…). Mais- et nous pensons que cela ne soit pas la projection d’un désir, ni que ce soit une prévision « pleine de bonnes intentions »/ wishfull thinking (en tout cas, il faut toujours compter un peu sur l’effet de « prophétie autoréalisatrice »…, ou en constituant un élément actif) – et malgré tout ça, la révolte se reproduira, elle a déjà commencé et recommence.

Voilà un aperçu succinct, plus que sommaire du « Théâtre de l’Italie ». maintenant en approchant la loupe à un scénario « moyennement local » du Théâtre –Italie : nous pourrions définir, et seulement maintenant,  après tant de cris « Au loup ! » qui ont amplifié l’alarme (#cf. : pages suivantes), la majorité du gouvernement et le Gouvernement lui-même comme « libéral-fasciste ». C’est là une définition inévitablement approximative, si elle se veut provisoire, (nous le repêcherons, en l’affinant, ce vieux terme, en eaux de PaeseSera )l’Avenir du Pays, ou Le Pays D’abord, qui serait le courant populiste italien le mieux partagé par Les Italiens d’Italie ou par l’Italie aux Italiens, on ne sait plus ! Le problème d’en rire est qu’on ne sait plus avec qui on rit…N.d.T.] : on ne doit pas avoir peur du jeu stupide des mises à-plat analogiques, et nous devons chercher des armes, avant tout dans ce cas, des outils terminologiques… Il nous vient en tête – un repêchage en tirant un autre, ainsi que vient une poignée de cerises en en cueillant une – ce terme contemporain : mais cet élément et aspect nous paraît, franchement, même s’il est présent, décidément secondaire en regard du premier) . Maintenant, notre problème est de ne pas nous laisser hypnotiser par la phénoménologie « horrifique » de cette culture et par les décisions auxquelles il donne lieu, et finit par opérer une continuelle synédoche qui a un caractère de diversion. Il s’agit de voir comment cette action s’inscrirait en tendances bien plus générales, qui – pour s’en tenir à la seule Europe – ont pourri depuis quelques années cet endroit du monde, comme tendances « lourdes ».

 

Le problème : fascisations et « Vague anomale »

 

Ici, maintenant, et cependant, en ces nuits « en le prenant à bras le corps  » et « à chaud » nous voulons nous arrêter sur un point dramatisé par la récente actualité : la question des fascistes et de la « Vague anomale ».

Dans la prochaine édition de cette lettre du Lundi dont la parution sortira sur le Black Blog, nous développerons un raisonnement que nous livrons ici par « grands traits ».

Existe le risque de la part de l’antifascisme tel qu’il est, cette fois, d’une sous-évaluation de la dangerosité de cette « poussée » de « fascisation ». Lorsqu’autrefois, nous autres de Potere Operaio et suite- nous nous trouvions parfois accusés d’une sorte de « néo-bordighisme » en la matière par les « adeptes scrupuleux aux travaux théoriques» - nous voyions dans l’anti-fascisme, dans l’artificialisation idéologique ( ainsi que dans l’anti-golpisme****[du castillan golpe : coup d’état N.d.T.])  une surrévaluation du poids, de l’importance de l’élément fascistoïde sur un territoire « socio-culturel » tel que l’est l’Italie, comme cas d’espèce. Et nous avions mis en garde du risque connexe de faire dériver de cette surrévaluation une conséquence « frontiste » et subalterne, au sens de réagir un peu tel le toro devant la muleta…[…]Aujourd’hui le cadre est différent. Dans le climat-mental donc- de catastrophes en cours, imminentes et sans appel, la révolte devrait se doter au moins d’une « colonne vertébrale », un foyer de motivations, de formes d’existence et de pratique, de critique radicale adéquate ( en regard de la question écorchée de Théorie & Praxis, l’important est de se garder d’une théorie se définissant comme absence/incapacité d’action, et par une « pratique » se caractérisant comme exempte de théorie…) Nous continuons à penser que le point de vue théorique adéquat, pourtant, est exactement ce « bébé qui a été jeté avec l’eau sale de la baignoire »( non seulement l’eau de l’antifascisme, mais aussi d’une monstrueuse contrefaçon, qui a été la contradiction –« lassalienne » - transmise en épithète par Kautsky sous le propos des catégories de Canone et Vulgata – d’un « communisme d’État » : économique, « travailliste », étatique, idéologique, « pénal »). Le « bébé » est – pour faire court – la critique théorico-pratique radicale, marxienne du Capital, anarchique de l’État : points de vue critiques qui, tumultueusement, s’articulaient, entre 1848 et la Commune de 1871, dans l’Association internationale des Travailleurs, la bien nommée « Première Internationale ».

 

À partir de ce point de vue, des expériences d’organisations vers lesquelles elle s’est tournée (l’A.i.T., La Commune de Paris), il est aujourd’hui possible d’ouvrir une « parenthèse » dans le sens d’une concaténation de mouvements radicaux, porteurs de la perspective d’autonomisation commune, comme mise en œuvre d’un principe résolument différent de tous ceux qui ont eu l’avantage au cours de l’ainsi dite Histoire, comme histoire d’une continuelle guerre « du haut vers le bas »  tendant à confisquer, comme à inhiber, un principe actif de communauté et d’autonomie, inné à l’élément primordial d’une puissance-en-vie, au sens spinozien de la persistance de l’Être propre. Si cela, cette trace ne parvient pas à vivre « dans le flux des mouvements » (et non pas en tours d’ivoire de vigilance d’une radicalité d’élite), la révolte sociale contre cette forme italienne que nous avons, avec approximation, définie « libéral-fasciste » de gouvernement de « l’État pénal », pourrait bien dérisoirement finir par être, sinon hégémonisée, largement innervée par des courants de « fascisme populistico-social ». Et ça c’est un danger bien plus grave, qui mérite réflexion et controverse, plutôt que l’idée – minée par le mépris qui, sous estime inévitablement une force qui est ennemie, finirait par dévier l’action – d’une sorte de sortie par les égouts de silhouettes d’ « hommes de main »-« exécuteurs de basses besognes »… cette même idée qu’il s’agit, ou de « sous développés mentaux », ou de « profils louches » qui s’infiltrent consciemment pour provoquer, est un fabliau idiot. Autant elle le sous évalue qu’aujourd’hui ce même  problème en devient un, et précisément parce qu’il n’est pas la « masse de manœuvre » d’  « idiots utiles » (ou si l’on veut, certes pas tous et pas seulement, ni ceux moins méprisables et – autant pour cette raison- dangereux), provocateurs, briseurs de grèves [la fonction de casser les piquets de grève des briseurs de grèves]. La chose, de notre point de vue, grave est qu’on est en présence d’une culture structurée, d’une idéologie avec toutes ses sources, qui est une idéologie hiérarchique, avec revers « racialistes », avec un soubassement d’antimodernisme, antiglobalisme, anti-Droits-de-l’Hommisme, anti-universalismo-démocrato-citoyen, anti-technoscientismo-modernisé qui, d’un autre côté, risque de superposer par « pans » entiers à des thématiques et des passions « de Camaraderies » (ce qui, en soi, ne devrait pas nous déranger : au sens plein, de discours, jusqu’à l’effet-Babel et overload, il y a une infinité de cas de superposition possible de segments, « plis » et expressions : qui les utilise de façon terroriste creuse sa propre tombe, parce qu’un tel semblant de méthode et de telles supposées « révélations » sont sujettes à rétorsion entre tous et toutes, à l’infini…)

Il est plutôt mieux d’être conscient que, des discours qui se bornent à la partie pour le tout (jusqu’à la bourgeoisie, ou la propriété privée, ou le marché, ou la finance, ou l’impérialisme au lieu du capitalisme ; ou bien de gouvernement au lieu d’État et ainsi de suite) ; mais aussi un discours anti-capitaliste peuvent être faits de tant de points de vue : il existe un anti-capitalisme de type traditionaliste, un de type spiritualiste et religieux) : la première « motion » antifasciste serait d’éviter de brandir des propositions qui ont leurs racines, rien qu’à la façon de les poser,  dans des présupposés et conséquences, qui  sont précisément « pas par hasard » coïncidentes avec des fragments de discours fasciste. Le mélange d’essentialisme, de suspect de trahison dans sa logique, de ressentiment moraliste qui circule – non pas déjà caché, mais en milieux de camaraderies, vraiment insoupçonné – en tellement de publicité pleine de bonnes intentions et qui se considère radicale et antagoniste à propos des « américains et des sionistes », risque d’être objectivement subalterne à certaines thématiques qui sont parfaitement conscientes chez les fascistes. Sans une clarification très nette sur ces points, y compris les plus  « reprises » des revendications identitaires, comme dans le rapport de force physique, risquent de ne pas être adéquates à la gravité de cette question. Mais c’est une question essentielle, qui nous semble sans fin. Quelques-uns des groupes dont nous parlons (ces « purs », intégristes, non mélangés aux anti-chambres et périphéries des secteurs que nous avons définis plus haut « libéraux-fascistes », ou « fascistoïdes », de la société politique et en particulier du milieu gouvernemental), nous continuons à les appeler un peu improprement –au risque d’une négligence- à les appeler « fascistes » quand le substrat culturel, les références doctrinales, la mythologie et la mystique font plutôt référence au national-socialisme. (Qui, parmi les copains,  commencerait à s’agiter sur sa chaise parce qu’il note cette distinction taboue, étant donné que l’utilisent aussi en de tout autres contextes et à d’autres fins, ceux qui veulent mettre sur le dos tout le démoniaque par le crépuscule des dieux au nazisme et récupérer un fascisme  à demeure, flexible, de « braves gens italiens », doit bien rester tranquille. Si, en fait nous ne pouvions pas utiliser des mots et des concepts que pour des auditoires singuliers, ils n’en seraient pas moins analogues à ceux de nos pires ennemis, nous laisserions à ces derniers le monopole du vocabulaire et nous finirions en état d’aphasie). Ces courants du fascisme – évolien, par exemple- d’ascendance et de regard renvoyant plutôt au nazisme, ont des précédents précis : dans le  livre « Les rachetés », de Mirella Serri, on répertorie une série d’arguments et figures de la dissidence fasciste, d’un certain frondisme qui s’est développé au début des années 40, et  puis qui,  après le Libération, a transité dans l’antifascisme, en faisant référence à une approche « naziste ». Dans le fascisme il y a un élément de racisme ordinaire colonial européen, dans le cas des « parvenus du colonialisme », entre mythologie paternaliste de « visage noir » et réalité de la guerre d’extermination menée en Abyssinie, et des lois contre le métissage. L’antisémitisme, brandi par Mussolini dans ses conversations avec Von Ludwig, y paraît un alignement servile, par souci de Realpolitik, avec les lois raciales de 1938. Il est par ailleurs vrai que l’iconographie mémorielle de la guerre et de la république de Salo est influencée par une prévalence de référence au nazisme. Maintenant, le nazisme a connu un entrelacs de mobiles et d’issues. Parmi les mobiles le victimisme paroxystique, avec son cortège de ressentiments, rancoeurs et délires paranoïaques de toutes sortes : pas à cause de la mortelle et sanguinaire compétitivité concurrentielle avec le bolchevisme. Mais le « cœur du cœur », le cordon passionnel, le noyau intime ultime, le « cœur de ténèbre » de l’anthropologie nazie, lisible déjà dans « Mein Kampf » et déjà au cours de la République de Weimar, en particulier dans toute l’histoire des S.A. de Rohm, lisible dans les slogans obsessionnels, dans l’exacerbation des pratiques, ce cœur est l’antisémitisme et plus spécifiquement la judéophobie.

(fin de la 2° partie sur 3).

 

 

Cette dernière recouvre les territoires existentiels plus amples de l’antisémitisme « sociobiologique », forme classiquement raciste. C’est en fait la présence d’une paranoïa  du complot, l’attribution d’une conspiration pour dominer le monde, qui appartient à l’obsession de logiques cachées (de trahison, comme de « main invisible », de faits inexpliqués, comme de « meurtres sans mobiles » N.d.T.) non nécessairement racistes stricto sensu. Le cri de « Mort aux Juifs » est scandé dans les rues de la cité allemande et devient fracas obsessionnel au crépuscule de la République de Weimar, en 1932-33. Comme on le voit en toute évidence, déjà bien avant la solution finale et de tout ce qui est évoqué par la parole survivante à Auschwitz, ceci est un trait absolument reconnaissable et qualifiant : non pas tant un accessoire au regard du nationalisme revanchard, à l’anticommunisme, à la lutte contre les ploutocraties démocratiques occidentales, à la conquête des  grands espaces, à ce qui sera appelé le totalitarisme autoritaire, comme d’autres ingrédients du « nazisme spécifique ». Ces milieux, qui se posent, disons, en « fascistes purs, révolutionnaires, sociaux, anti-impérialistes, anti-globalistes, anti-sociétaux », rompent sur ce point de façon violente avec des milieux de leurs ex-corréligionnaires, une fois devenus gouvernants, « embourgeoisés », libéraux-fascistes. Il est symptomatique que l’insulte extrême dédiée au « traître Alemanno » soit : « sioniste ! » ( qui semble le terme correspondant aux anathèmes de Vychinski reptiles, taupes hitléro-trotskystes à l’appui…). Mais reprenons le raisonnement qui nous concerne. Si, par une traduction mal comprise de raisons « sacro-saintes », comme l’anti-colonialisme en a face aux politiques de l’État d’Israël, comme la critique du sionisme (légitime à la condition de ne pas extrapoler le même bouquet des nationalismes étatiques comme s’il s’agissait d’une exception absolue) ; si –par la suraccumulation sur ce même anticolonialisme de déchets sous-culturels, pêchés à Droite et à Gauche – on finit par exprimer de façon à peine voilée un préjugé antihébraïque qui semble traduire tout l’arsenal de l’identification de l’Hébreu avec l’usurier, le financier, avec le membre d’une cryptocratie, il est évident que pour autant que l’on s’agite, on fâche l’antifascisme le plus déchaîné qui s’exprime avec les mots et les mains d’être objectivement « sous leur chapelle ». Il se trouve dessous parce qu’ils connaissent et revendiquent des sources précises de leur discours, alors que des milieux entiers de camaraderie généreuse et dépourvue radicalisée dans l’anti-impérialisme est ignare des contextes épistémologiques et historiques, des racines et de la portée des fragments de discours qu’il véhicule. Ce nœud de problèmes ne peut pas ne pas être affronté parce que « malcommode ». C’est là un carré de plants de tournesol extrêmement révélateur. Ni le sang versé, le sien ou celui d’autrui, ne fera s’échapper personne de ce point aveugle.

 

 

Traduit de l’Italien par Boudjemaa Sedira, artiste-peintre.

Nîmes, le Vendredi 28.11.08. ;11h40 A.M.

(3° partie et fin)

Ils se trompent, ceux qui pensent – autant que je sache – que Lucio Dalla serait devenu « de Droite » » parce qu’il dit que c’est une erreur de penser que les fascistes seraient nécessairement « incultes » (ce serait comme penser qu’ils doivent être « épais intellectuellement »…) et qu’on ne doit pas oublier les Céline, les Ezra Pound, (et il faudrait ajouter à la file Heidegger, Karl Schmitt, Julien Freund, Evola…). Je ferais cette remarque : premièrement, c’est une très grave erreur de confondre le concept d’ennemi et l’inimitié y compris comme passion, avec une espèce de « racisme moral » qui est grave de par lui-même, parce qu’il nous renvoie l’ersatz spéculaire à qui conçoit l’affreux concept de… ; deuxièmement sous-évaluer l’ennemi en le caricaturant, est vraiment désespérant, tragique pour nous ! Les choses sont bien plus graves. Au moins quelques-unes de ces fascisations, se pensent, s’envisagent, se conçoivent comme « révolutionnaires ». Et même, comme ceux-là qui sont les vrais, encore plus révolutionnaires, révolutionnarissimes… Autre chose qu’  « hommes de basses besognes »… On pense, en temps de grands cataclysmes sociaux – à la génèse du nazisme durant Weimar, en commençant par le terrain préparé constitué par la féroce contre-révolution anti-Spartakystes jouée par les Hébert et par les Noske, sociaux-démocrates provenant du Socialisme national, chauvin, étatique, éthique et ethnico-héritier du programme lassalien de Gotha. Sur le plan « anthropologico-culturel », le terrain a été préparé par les Corps Francs qui ont exterminés dans le sang les Spartakystes pour le compte de la social-démocratie, assassiné Rosa Luxembourg et Karl Liebnecht, et qui ont été vraiment des Sections d’Assaut (S.A.) avant la lettre. En Italie, comme figure « noskienne » nous avons eu de telles et décisives déconvenues de la part du « Machin-P.C.i. », voisins et descendants… Et donc, sans vouloir « tirer par les cheveux » la moindre analogie, cela représente un autre niveau que celui de ce goulet d’étranglement terrible dans lequel nous évoluons. Seule une très grande capacité d’indépendance, d’autonomie, peut imprimer un caractère puissant, « positif », aux mouvements : celui qui est en cours est entravé par des sujets agents divers, du « libéral-fascisme » à une masse de riens veltroniens, qui hybrident dans une autoproposition auto référencielle idéologismes et pratiques imprègnées de tant d’éléments provenant du « pire », et des façons de faire les plus intégrées aux logiques de domination ; jusqu’à des populismes divers, allant des égalitaristes, culpabilisants, pénaux, à celui « classiquement » d’ascendance idéologique nazie-fasciste.

 

Il n’est pas sûr qu’en fermant le cercle d’un contrepoint qui finisse par se rétrécir, à la faveur d’une intense territorialisation, vers une base identitaire, qu’on peut comparer à cette tentative de petits groupes fascistes de prendre l’avantage… La confrontation physique devient perdue d’avance, si fait défaut le noyau vivant profondément résolu à « faire communisme » (qui, étant donné le venin de fausses-monnaies en cours répandu dans ce domaine ont fini par tuer la parole –ça arrive !-, nous devrons redéfinir plutôt le mot « Commun’autonomisation » [les camarades anglais de Brixton construisaient, en 1970, des « bases de vie »… N.D.T.]) : quelque chose qui serait non pas  à inventer, mais qui est présente, comme instance, dans les plis de l’existence humaine, présente depuis toujours, et dont nous devrions le déployer et le laisser s’affirmer dans l’autodétermination des destins des gens… Antifascismes, anti-impérialismes et autres anti- et contre-, séparés de ce noyau de puissance et de critique vivant, peuvent être avancés dans les perspectives les plus diverses : nous devons pourtant ne pas demeurer subalternes à l’une ou l’autre.

Maintenant, il nous semble devoir faire cette autre remarque que l’antifascisme de ce moment que nous vivons, cet antifascisme tel qu’il existe est fondamentalement inadéquat, ne serait-ce qu’au regard de ce que réclament les nécessités d’affronter une initiative fasciste émergente. Un exemple, avec des limites qui comportent toujours leurs analogies. Marx voit la haine de classe – haine, non seulement pour le patron, mais avant tout contre un rapport social, contre les réactions qu’elles induisent, contre la soumission, le rôle et la condition de ceux qui l’entourent- comme point de départ (si on veut, au sens nietzschéen du rapport entre haine et connaissance. Tout comme la révolte, la rébellion elle-même est un «  matériau de base » pour une « raison subversive », révolutionnaire. Maintenant, cette haine ne la transforme pas en plainte, ni en berceuse, en malédiction contre une sorte de maléfice, contre un « mauvais sort personnel », par essence et/ou par culpabilité : elle commence avec l’économie politique à laquelle on s’implique à l’appliquer -avec un œil sur les luttes, sur les mouvements- « et cela vaut bien une demi-douzaine de programmes » ! La critique de l’économie politique a pour objet les dynamiques de l’utilité. Quand on en vient à parler de sujets humains constitutifs de tendances, logiques, mouvements historiques, et autant d’autres, il faut accompagner cette critique d’une » critique de l’économie politique des libidos » (la notion de « licence » à l’usage élargi du mot a été conquise en son temps par, et donc est entrée dans l’usage, n’est pas une extravagance terminologico-conceptuelle).

Cela (ainsi en parlent de façon entière Deleuze et Guattari, en §.1 et §.2, « L’Anti-Œdipe » et « 1000 Plateaux ») est tout autre chose que « psychologisme », que « psychanalyse à 50 centimes ». Tout cela, ainsi que le dirait Sun-Tse dans l’art de la guerre, est nécessité élémentaire, pour combattre. À la suite d’un tel texte, je voudrais insérer quelque citations de Sébastian Haffner, pour observer les changements dans  les «positions progressives » qu’elles ont permises, comme le dit Haffner en d’autres mots, dans la façon qu’a eue l’abject nationalisme allemand de dévorer « l’âme » de l’Homo allemanicus, comme un micro-organisme dévore une huître.

 

Il faudra probablement se battre, même physiquement, avec un goût qui nous  sera propre. Se boucher la vue pour procéder à des « diabolisations » ou « bestiallisations », toutes impertinentes pour la critique et inutilisables pour la bataille (qui se fait contre, mais contre « Monstres et démons »), est une erreur impardonnable. L’autre argument que nous  développerons est celui qui regarde non seulement les mouvements en général, mais qui nous prenne en compte, nous, nous-autres complètement désarmés et exposés –pire que défaits- à l’hégémonisation et à une objective subsomption, si nous ne reprenons pas en main une arme, un arsenal théorique surtout, de type indépendant et radical. Ce ne sont pas là des auto-définitions suffisantes : disjointes par un socle que nous appelerons communiste ( et puisque le nom a été sémantiquement violé et contrefait, appelons-nous « commun’autonome », ou si l’on veut « communard »), ceux-ci pouvant devenir, outre impuissants à nous distinguer, subalternes. D’ailleurs, - vérification empirique- des anti-impérialismes fascistes existent aussi bien que des antti-fascismes anti-impérialistes. Les choses, en somme, risquent d’être bien plus vastes, profondes et terribles- mais aussi enthousiasmantes.

 

Traduit de l’Italien par Boudjemaa Sedira, artiste-peintre.

Nîmes, le Samedi 29.11.08. ; 14h15.

Commentaire n°1 posté par kletagr le 03/12/2008 à 14h37

Mardi 5 mai 2009 (Le Jura Libertaire)
Après l’explosion, la police fouille
un «squat» fréquenté par Zoé et Mickaël


Une perquisition a été menée par la police judiciaire, hier après-midi dans un squat de Chambéry. Fouille opérée dans le cadre de lenquête ouverte après lexplosion mortelle de la nuit de jeudi à vendredi, survenue à Cognin, à quelques kilomètres de là.

Zoé, 23 ans, tuée par la déflagration, et Mickaël, 25 ans, son copain suisse, gravement
 blessé, étaient des habitués des «Pilos» depuis plusieurs mois. Il sagit du bâtiment de lancienne usine de confection Pilotaz, fermée depuis des années, au pied du château des Ducs. Lendroit abrite une salle de spectacle municipale. Et, depuis le mois de septembre, une partie des locaux est occupée illégalement par une vingtaine de personnes. Des étudiants en souffrance de logement. Des activités culturelles alternatives, notamment des concerts de musique. Des jeunes gens comme Zoé et Mickaël, appartenant à la «mouvance autonome», comme se définissent eux-mêmes les groupuscules informels de rébellion.


À lévidence, les investigations — confiées à la Direction nationale antiterroriste de la PJ — remontent dans les pas du couple et reconstituent sa vie. Il sagit, en attendant laudition du blessé, de tenter de cerner les intentions réelles de Zoé et Mickaël.

Les deux se trouvaient dans la région chambérienne depuis environ un an. Ils partageaient ici leur vie et, dans le même temps, ils s
étaient constitué un tissu de relations. Ils étaient connus dans les milieux locaux plus ou moins marginaux auxquels ils appartenaient.

Ils avaient habité dans un squat de Cognin pendant six mois, puis avaient été expulsés lorsque les recours avaient autorisé l
intervention de la police. Ils sétaient ainsi rapprochés des «Pilos» de manière plus étroite. Pour repartir ensuite ailleurs. Entre un fourgon et un autre squat.

Quelles étaient les intentions du jeune couple ?

Tout le pâté de maisons autour des «Pilos» a été bouclé hier par un cordon de gendarmes mobiles. Plus d
une centaine de militaires, de policiers, denquêteurs, sest déployée en quelques minutes. La police judiciaire et les techniciens de la police scientifique ont investi les bâtiments, y retenant tous ceux qui sy trouvaient.

Sept garçons sont partis un à un dans les voitures de la PJ pour être entendus ; l
un dentre eux est revenu avant même que le dispositif ait été levé.

L
opération est sans surprise dans une enquête aussi sensible.

Les témoignages de ceux qui ont côtoyé le couple dans les heures, les jours et les semaines qui ont précédé l
explosion revêtent, cest évident, une importance primordiale
Commentaire n°2 posté par KLetaGR le 07/05/2009 à 10h10
More & more people know that blog are good for every one where we get lots of information any topics !!!
______________________

penis enlargement
Commentaire n°3 posté par penis enlargement le 04/09/2009 à 05h03

MAIN MENU

N - E - W - S

 
Oreste Scalzone

POUR L'AMNISTIE



 FIRMENT:
On. Giovanni Russo Spena
On. Graziella Mascia
Reinhard Pitsch
Valerio Monteventi
(Consigliere comunale indipendente del gruppo di Rifondazione Comunista, Comune di Bologna)
Manuel Monereo (Presidencia federal Izquierda Unida)
Piero Bernocchi
(Portavoce nazionale Cobas)

Vincenzo Miliucci(Cobas)
Franco Coppoli (Cobas Terni)
REMO TERENZI (consigliere della provincia di Roma, gruppo misto)
Michèle Zémor
Ugo Maria Tassinari
José Mazzei
alfieri tiziana
Carvalho Álvaro
Menotti Bucco
Stefano Mari
Cecilia Mari
Fiorella Menetti
Viola Hajagos
Patrizia Nicola
Fred Louckx
Lance Henson, poeta
(Nazione Cheyenne)
Marino Clavo
Silvana Fracasso
Antonio
Roger Faintrenie
Alessandro Vitagliano
Joëlle Blum
Dimitris kousouris
Cesar Huerta
Elisa Santalena
FAGART VÉRONIQUE
Albano Cordeiro
Irene Steinert
BEN MATSAS
Angelo
Christine
Boris
Félix
Léna
Paola De Luca
Antoine Billiottet
Sergio MASI
Anna kujawska
Daniele Barbieri
Andrea brazzoduro
Roberto silvi
paolo godani
Domenico Cavana
Simone Bismuth
letizia pantani
Patrizia Molina
Oscar GARCIA MARTIN
Eugenio Gastaldi
Vincenzo Sparagna
Aliette Guibert-Certhoux
Gennaro M. Imbriano
Dionisios Stanganellis
PAOLO QUAREGNA
Ava Loiacono-Husain
Francesca e Paolo
Verdier sabine
Moreno Pasquinelli
Rosalia Zinno
Roger et Simone POMMES
Biagio Barbaro
michèle Larrouy
Christine Treguier
PAscal Schmitt
Daniele Cavallaro
Stefania Mazzone
Luigi Recupero
Agata Mazzone
Yves Ropars
Arianna Lodeserto
Cristina Tappa
Bernard Pasobrola
Carsten Juhl
Kraigher Katja
Germano Monti
Claudine Romeo
Martin Romeo-Khalili
Marianne Romeo-Khalili
Cristina Oliosi
Virginie Girard
Jean Chazy
Gabriel Chazy
Danielle Romeo-Chouquer
Matthias Chouquer
Maryse Bordet-Maugars
Maxime Maugars
Jésu Aguado
Cécilia Kebaili
Aniko Deak
Janie Lacoste
Marie Famulicki
Cedric Dordevic
Ermanno Senatore
(Groupe artistique
Extrême Jonction)
Eva Rachele Grassi
Cristina Oller
Anahi Oller
Espirito Santo, Inês
Jacques ESPAGNE
Miriam Caracchini
Alessandro Beltrame
Nicoletta Modesti
Lucio Uturbia
Anne Garnier Urtubia
Beckmann Albert
Solange odiot
Raúl Camargo
Maurizio DI Marzio
Andrée Bergeron
ROBERTO BANGRAZI
Bruno Ceron
Robin Hunzinger
Ema gibello
Pedron Simone
Pedron Giuseppe
Pedron Paola
Pedron Vanessa
Fortuni Enrica
Biasi Moreno
Jun Fujita Hirose
(Assistant Professor, Università Ryukoku, Kioto, Giappone)
mario pischedda
Georges Yoram Federmann
Cyrill Duneau
Clara Domingues
Jean-Jacques de FELICE
Irène TERREL
Anne-lise martenot
Yorgos Siounas
(Rivista BABEL)
François Longérinas
Maire-adjoint Vert du 3e (Paris)
Flavia Turatello
Fulvia Carnevale
Alicia de Medina-Rosales
Denis Berger,politologue, (Université Paris 8)
Michèle Riot-Sarcey, professeur, histoire, (Université Paris 8)
Eva Rachele Grassi
(Groupe artistique
Extrême Jonction)
Jaime Pastor,profesor de Ciencia Política de la UNED, Madrid (miembro de Espacio Alternativo y de Izquierda Unida)
Doucha Belgrave
Micheline Morisi-Coste
Etienne BALIBAR,Philosophe, (Université de paris X Nanterre)
Charles NAJMAN
marina nebbiolo
victor nebbiolo di castri
Vinca DUPUY-BASAK
Hakan BASAK
Lucio Pandolfo
Zouzi-Chebbi Mohamed Hassen
Giuseppe Passavanti
Pino Cacucci, scrittore
Salvo Falcone
Mario Dalmaviva
Marzia Mascagni,insegnante
Dario Mariani
Roberto Ferrario
(Collettivo Bellaciao)
Leonardo Bertulazzi
Rossella Landrini
Dominique GRANGE
Jacques TARDI
Manuel Colomer Lluch (Espai Alternatiu; Esquerra Unida del País Valencia)
Philippe Vicherat
(Les Verts)
Amedeo UGOLINI
grespan stefano
Jean-Jacques Méric
Monique Pelissier
Area antagonista napoletana
Riccardo Bonavita
Docteur Georges Yoram Federmann, Psychiatre
Luigi Narni Mancinelli (laboratorio diana - Salerno)
sergio falcone
Pierre Deltour, Ingénieur
Enrico Parizzi
Giulio Itzcovich
Esther Joly
Elisabetta Cavana
Enrico Mandelstam
Helena ROMÃO
Enrico Campofreda, giornalista
agostino renda
tom reucher
JACQUEMIN Bernard
Francine Comte
andrea Saba
Blanco María Del Pilar
Roberto Renzetti
penelope komites
Piera Rella
ADRIANA SPERA
(Consigliera PRC al Comune di Roma)
CRISTINA FUGA (Coordinatrice Provinciale CUB Scuola)
CLAUDIO ORTALE
(Staff Gruppo Consiliare Capitolino PRC)
FRANCO MAURIZI
(Coordinamento Provinciale CUB Scuola)
CATERINA PATTI
(Direttivo Circolo PRC XIX^ municipio RM.)
Perri Ida
Bugeaud Isabelle
Bisantis Enzo
Marie-Pierre Bauduin
Chiara Caracchini
OBRECHT joel
Emmanuelle Gibello &
Sylvan Licois (Scenophonie)
Concetta Recchia
Massimo Grandi - Docente Università degli studi di Firenze
Giovanni Bazzocchi
Dora d'Errico
turatello tiziana
GIOVANI Gerald
romano cerra
michelangela d'urso
damiano cerra
tatiana cerra
Antonio Onorati, presidente del Centro Internazionale CROCEVIA
Carlo Vercellone
Marco Melotti
Luc Baylion
Michelle Baylion
Vanessa Ioannoni
Libreria Calusca
Massimo Cappitti
Francesco Romeo
Gabriella Piroli
gino Tedesco
Marcello Faganelli
Robertino Ulargiu
Rafael Pla-Lopez, Universitat de València, Spain
Lottadiunità ProletariaOsimo
Roberta Cappelli
Ahmed Merakchi
Marina Petrella
Sami KIZILTAN
Jacques Boutault
Kyra-Françoise Mas
Iannis Kafkias
Daniel BenSaid
Nicole Genoux
Nicola Ferrarese
Jean-Louis Comolli
cox18news
Jérôme
marico' valente
Asdru marie
Fabienne BIDOU
maurizio motta
Fabrice Denys
Fausto Schiavetto
Aya Konan
Daniel Guibert
Robin Hunzinger
Alessandro Cavana
Livianna
Jean baptiste Eyraud
Andrea Salati
viviana verna
Ivan Bianchini
annie ortavant
Nicolas Dessaux, archéologue
Nanà
Franco piperno
Viviane Dahan
Juliette Volcler
Daniela
alba chiara airoldi
Domenico Di Caterino
(Portavoce dell'Ass.Culturale Mario Pesce a Fore)
Maria Bianchini
stéphane aubel
Gianvittorio Ardito
KiX
G.catalano
mirco panizzi
Sandra Profili
stéphane aubel
François Rabaini
Valérie Voyer
Céline Dumas
Luca Dognini
Alessandro Di Rienzo
Jean-François MATHE
brandimarte settebello
GERACI Brigitte
CACCIOLA Giovanni
Virginie LE GALL
ADRIANO
ALESSANDRO
MARCELLO
EVA,
PAOLO
SIMONE
DANIELE
ENZO
Emma LE GALL
Boris Bertrand
Julien BILLERACH
Maria Teresa Allegretti
Allyn Hardyck
Marco Tullio Liuzza
Franck Pinta
Brian Ashton
CATRIX Marine
hamed.merakchi
philippe Péquignot
Jean-Claude Paye
Cissie Lodge(Movement for a Socialist Future)
Viviane Thomas
François Spinner
sebbane brigitte
Michael Löwy
Francis Juchereau
Ciro d’Aniello




ESPACE LOUISE MICHEL,

42 bis rue des Cascades,
Paris XX, M° Pyrenées,
Jourdain, Menilmontant.


Contact:
oresteblog@yahoo.fr oreste@alten.org

Recherche